Le 26 novembre 2025, au lendemain de l’élection présidentielle, un nouveau coup d’État éclate en Guinée-Bissau et le président Umaro Sissoco Embaló est renversé. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre, notamment auprès de la diaspora bissau-guinéenne, dont l’espoir de voir une paix durable s’installer dans le pays est régulièrement mis à l’épreuve.
Au lendemain de l’annonce, le pays est décrit dans la presse comme un pays connaissant une instabilité chronique, un pays où rien ne va. Mais lors de notre dernier déplacement en février 2026, un élément nous saisit : rien ne semble avoir changé. On s’étonne du décalage entre la représentation que l’on peut se faire d’un pays frappé par une crise politique et la réalité du quotidien de ce pays lusophone d’Afrique de l’Ouest.
Bissau, une capitale en transformation
Malgré les turbulences politiques, la société continue de fonctionner : les transports et les marchés sont actifs, les terrasses sont pleines, les administrations fonctionnent, les habitants vont et viennent et les projets avancent. La ville de Bissau est en transformation, d’ailleurs, plusieurs axes majeurs de la capitale font actuellement peau neuve, notamment : l’Avenue Amílcar Cabral, l’Avenue Combatentes da Liberdade da Pátria et l’Avenue Osvaldo Vieira. Le principal aéroport du pays, l’Aéroport international Osvaldo Vieira, fait également l’objet de travaux de rénovation et de modernisation.
Au-delà des infrastructures, on observe également une volonté de valorisation du patrimoine historique de la capitale. Dans le quartier historique de Bissau Velho1, plusieurs initiatives visent à restaurer ou réhabiliter certains bâtiments hérités de la période coloniale. Ce quartier, situé au bord du fleuve Geba, constitue l’un des cœurs historiques de la ville et représente un patrimoine architectural et culturel important pour le pays. Ces projets de rénovation participent à une dynamique plus large : redonner une visibilité et une attractivité au centre historique de la capitale.
Alors, crise ou pas crise ?
Au final, ce pays ne se porterait-il pas mieux qu’on ne le croit ? Nous confions nos interrogations à M. Ailton Nunes Correa, coordonnateur local d’Ouf Services, qui nous confie que « La Guinée-Bissau n’est pas un pays qui se bloque à la faveur des crises politiques. Les projets avancent, les gens se débrouillent ou travaillent et la société reste très dynamique. Les Bissau-Guinéens sont résilients, résistants et le pays est résolument tourné vers l’avenir ».
Cette impression d’un pays qui continue d’avancer malgré l’instabilité politique n’est pas propre à la Guinée-Bissau. Plusieurs chercheurs ont analysé ce phénomène dans différentes sociétés africaines. L’anthropologue Jean-François Bayart explique que dans de nombreux pays du continent, la société développe ses propres mécanismes de fonctionnement indépendamment des turbulences politiques. En d’autres termes, les sociétés africaines ne sont pas dominées passivement par l’État : elles développent des formes de résistance, de contournement ou d’adaptation. Autrement dit, l’État peut traverser des crises sans que la société s’arrête pour autant.
Alors on danse !
En février, comme chaque année, la capitale vit au rythme du carnaval, l’un des événements culturels les plus importants du pays. Les différentes tabancas ou villages (qui représentent souvent un groupe ethnique) défilent dans les rues en costumes colorés, la musique résonne dans les quartiers et la population participe dans une atmosphère festive et conviviale.
C’est également dans ce contexte qu’OUF Services a officiellement ouvert son antenne en Guinée-Bissau, marquant une nouvelle étape dans le développement de l’entreprise dont le siège est basé à Dakar (Sénégal).
La Guinée-Bissau reste un pays en transition politique, et les défis institutionnels sont réels. Mais sur le terrain, la société continue d’avancer, l’entrepreneuriat se développe et l’énergie du pays n’est pas mise à mal au gré des crises, bien au contraire, elle culmine chaque année à l’occasion du carnaval.
Cette nation lusophone d’Afrique de l’Ouest ne nous pousse-t-elle pas, finalement, à redéfinir ce que l’on considère comme un pays instable ? Car si les institutions connaissent des turbulences, ce peuple, lui, ne semble jamais cesser de vivre, de travailler, de créer et de célébrer. Bai pa frenti Guiné-Bissau!2
La rédaction Ouf Services

